L’entreprise doit s’ancrer davantage dans les territoires !

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Alors que l’opinion publique attend des dirigeants qu’ils s’engagent dans et pour la société et que le projet de loi Pacte consacre la notion de « raison d’être » des entreprises, les lendemains du grand débat appellent les dirigeants d’entreprise à jouer un rôle majeur dans le débat public. C’est là une opportunité inédite qui invite les entreprises à devenir des partenaires incontournables des pouvoirs publics. À condition d’anticiper la fabrique de la décision collective de demain en renouvelant leurs relations avec les acteurs publics et plus largement avec la société.

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L’expression publique obéit désormais à une nouvelle dialectique digitale du pouvoir et des idées.

À l’ère des fake news, les stratégies d’affaires publiques ne consistent plus seulement à contribuer à la fabrique de la décision politique mais à identifier l’origine sociale de son déclenchement en analysant les signaux faibles des réseaux sociaux : les revendications, likées ou tweetées, seront peut-être les alinéas du prochain projet de loi de finances !

Face à une redistribution horizontale de la parole publique et du tout-média, l’entreprise ne peut plus demeurer une représentante isolée de ses intérêts particuliers et doit fédérer la société civile autour des positions qu’elle défend auprès des pouvoirs publics. Les outils digitaux et les Civic Tech constituent alors autant d’atouts que d’outils pour déployer un plaidoyer participatif et délibératif par l’entreprise.

L’entreprise doit devenir l’alliée du politique en valorisant son expertise et sa capacité d’écoute des territoires.

Aujourd’hui, qui mieux que l’entreprise connaît les territoires et leur population ? Alors que la crise de la démocratie représentative remet en cause la légitimité́ des décisions des politiques, l’entreprise doit devenir l’alliée des pouvoirs publics. Les dirigeants d’entreprise n’en seront que plus légitimes à défendre leurs positions auprès d’eux en faisant de leurs expertises une source de proposition, d’aide et d’évaluation de la décision publique. C’est d’ailleurs une des attentes des Français, qui plébiscitent l’entreprise comme un acteur de proximité et de confiance dans une société atomisée. Mais en concentrant leur lobbying auprès des gouvernements et des parlements, les entreprises ont trop souvent oublié ce peuple des ronds-points et des territoires « qui entend y être pour quelque chose » dans les affaires de la cité.

Il est temps : l’entreprise doit mieux asseoir son ancrage local pour pérenniser l’acceptabilité́ sociale de ses activités. Au-delà des conseillers ministériels, des parlementaires et des hauts fonctionnaires, il faut désormais entretenir un dialogue de proximité avec tous les acteurs locaux ; des présidents de Régions et des directeurs généraux des services jusqu’aux exécutifs municipaux et associations de riverains.

La transparence des affaires publiques de l’entreprise : un nouvel actif de marque.

Aujourd’hui, la transparence n’est plus un débat politique mais un impératif inéluctable qui s’impose à tous les acteurs de la société : si « nul n’arrête une idée dont le temps est venu », alors les entreprises doivent faire de la transparence de leur lobbying un véritable actif de marque. L’enjeu n’est alors plus de se battre contre les décrets anticorruption de Sapin II mais de préparer un inévitable Sapin III en publiant soi-même son argumentaire ou encore son agenda institutionnel. Pourquoi rendre public serait-il un problème dans un monde où la légitimité se crée sur la transparence ? Il n’y a rien à perdre mais tout à y gagner !

Si, dans un monde en quête de sens, l’époque est aux dirigeants qui s’engagent, l’heure est désormais à un lobbying en phase avec les attentes de notre temps.

Guilhaume Jean, conseiller
 en affaires publiques et communication chez WEMEAN.

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