Le progrès est mort, vive le progrès ! Une analyse de Camille Balenieri

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Le rapport de notre société au progrès pourrait être caractérisé de « love-hate relationship ». Un amour-désamour qui tient à l’ambivalence même de la notion. En effet le progrès désigne à la fois la croissance économique, les avancées technologiques et l’amélioration de la vie. Or ce progrès en trois directions finit par perdre son cap.

L’enjeu pour nos sociétés désorientées est désormais de savoir de quel progrès elles veulent… C’était la question examinée par plus de 150 intervenants au Parlement des Entrepreneurs d’avenir, les 22 et 23 janvier 2020 à Paris.

Humaniser le progrès, voilà l’urgence !

Autrement dit, veiller à ce que l’économie ne tourne jamais à vide. Qu’elle serve au contraire une dynamique de progrès social et sociétal, pour le mieux vivre de tous. Sur ce point, les entreprises invitées étaient toutes d’accord – du moins en parole. Des marques radicales comme Biocoop, Veja ou la Camif, mais aussi des entreprises plus traditionnelles comme BNP Paribas mettent en place des actions concrètes pour répondre à des enjeux d’intérêt général. La juste rémunération des producteurs, la réduction de l’empreinte carbone ou encore le financement de projets éthiques sont autant de sujets. Sur ce point, les banques et fonds d’investissement ont un rôle crucial à jouer, notamment en intégrant le critère de durabilité de la performance. Plus que jamais, la raison d’être de toute entreprise est de travailler avec la société civile et les pouvoirs publics pour avoir un impact positif sur le monde.

Humaniser le progrès, c’est aussi le transformer pour qu’il reflète la diversité des sociétés humaines.

C’est le rendre plus inclusif, plus paritaire, plus ouvert, afin qu’il serve un large « nous » et non une poignée de « moi ». Sans oublier la Terre, cet humus dont l’humain n’est qu’une partie, pour reprendre les mots de l’activiste Satish Kumar, écologiste de 83 ans et fondateur du célèbre Schumacher College. Ce n’est rien de moins qu’un changement de paradigme qu’il nous faut pour basculer enfin « de l’égo à l’éco », et réapprendre à aimer le progrès.

Camille Balenieri

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