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L’année 2019 – sous le signe de la raison d’être d’entreprise

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L’année 2019 est l’année de l’irruption du sujet raison d’être. Avec une accélération de sa médiatisation qui n’en finit pas. Retour sur cette montée en puissance en quelques dates.

Novembre : Une étude de l’Ifop montre que les salariés attendent une cohérence entre la communication des entreprises et leurs actions quand il s’agit d’exploiter les nouvelles possibilités offertes par la loi PACTE. 77% des sondés estiment que, « au-delà de son activité économique, leur entreprise joue un rôle au sein de la société » et 59 % seraient prêts à contribuer à la réflexion si leur entreprise venait à se lancer dans un processus de concertation en vue de définir sa « raison d’être ». En revanche, 69% considèrent que la raison d’être est d’abord « une opération de communication ». Seuls 31 % y voient « avant tout le reflet de convictions sincères ».

Octobre : Dans une tribune publié dans les Echos, Bernard Sananès pointe la relation paradoxale des Français et de l’entreprise : si 34 % des Français seulement déclarent faire confiance aux entreprises, 61 % leur prêtent le pouvoir de changer le monde… bien plus qu’au président de la République. Il met en exergue trois piliers pour faire de la raison d’être un véritable ferment de transformation positive des entreprises : la gouvernance, qui doit nécessairement être transversale et incarnée, l’appropriation par l’interne, qui doit passer par la concertation et la culture d’entreprise, et enfin la question de la preuve qui doit faire pièce au soupçon du « coup de com' » en proposant des indicateurs concrets et chiffrés qui permettent de suivre l’impact de la raison d’être dans la durée.

Septembre : La raison d’être doit être « au cœur du capitalisme du XXIème siècle » et l’État doit être « exemplaire ». C’est ce que Bruno Le Maire annonçait lors d’un premier bilan de la loi Pacte présenté le jeudi 12 septembre avant d’annoncer que les entreprises dans lesquelles l’État est actionnaire devront se doter d’une raison d’être d’ici 2020. La banque publique d’investissement, Bpifrance, a été appelée à faire de même avec les entreprises dont elle détient des participations.

Août : La Business Roundtable qui regroupe les plus puissants et influents CEOs américains (Amazon, Apple, General Motors, Pepsi, JP Morgan…) présente son Statement on the Purpose of a Corporation. Elle s’y s’engage à générer de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes et à intégrer des objectifs sociaux et environnementaux dans leur business model.

Juillet : Au sommet Pact for Impact, organisé par le gouvernement français, 50 délégations internationales lancent un manifeste pour une économie sociale et inclusive.

Juin : D’autres grandes entreprises françaises du CAC40 se dotent d’une raison d’être, dont le Crédit Agricole (« Agir chaque jour dans l’intérêt de nos clients et de la société ») et Carrefour (« Etre le leader de la transition alimentaire pour tous »).

Mai : « 10% pour tout changer » : une coalition d’entreprises se rassemble au Ministère de la Transition écologique et solidaire pour défendre l’idée que si 10% des entreprises poursuivent des objectifs de progrès social et environnemental à travers la réalisation de leur activité économique, le point de bascule pour un vrai changement systémique sera atteint. Atos est la première entreprise française à inscrire dans ses statuts sa raison d’être (« Contribuer à façonner l’espace informationnel »), devenant selon les termes de l’article L 210-10 du Code de Commerce une « entreprise à mission ».

Avril : Le Parlement vote la loi PACTE, dont l’article 59 transforme les articles 1833 et 1835 du Code Civil, introduisant dans ce dernier l’expression raison d’être. La loi PACTE est officiellement publiée le 22 mai 2019.

Mars : Avant même la promulgation de la loi PACTE, des entreprises entament leurs démarches de définition d’une raison d’être. C’est le cas de Veolia qui la dévoile le mois suivant, lors de son Assemblée générale des actionnaires : « Ressourcer le monde ».

Février : Lors d’une journée presse, Antoine Frérot, PDG de Veolia, souscrit également à ce nouveau mantra en déclarant : « Une entreprise n’est prospère que si elle est utile. Et une entreprise utile, c’est une entreprise qui, face à la démesure des défis de l’humanité, ne baisse pas les bras et pense qu’il est encore possible de les relever ».

Janvier : Larry Fink, le patron du fonds d’investissement BlackRock, publie sa lettre annuelle aux CEOs où il souligne le lien intrinsèque entre profits et sens (“profit and purpose”), définissant le purpose comme « la raison d’être fondamentale de l’entreprise » (“a company’s fundamental reason for being”).

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